Un avocat de la mafia rentre en Corée pour récupérer des lingots d'or cachés sous un immeuble promis à la démolition. Tenir vingt épisodes avec cette seule prémisse, c'est franchement excessif. Et il y a effectivement des passages où la série force. Commençons par ce qui marche : Song Joong-ki. C'est avec ce rôle que j'ai découvert que cet acteur pouvait être aussi retors et aussi cruel. Vincenzo Cassano n'est pas quelqu'un de juste. Il tue pour arriver à ses fins, et la série ne cherche pas à l'embellir. Je ne suis pas sûr qu'un héros de drama coréen soit jamais allé aussi loin sans qu'on lui accorde le moindre alibi moral. Hong Cha-young, incarnée par Jeon Yeo-been, m'a plu aussi : elle démarre en personnage comique et gagne peu à peu son propre poids, avec une évolution qui convainc. Et Taecyeon. Son retournement mérite une place dans l'histoire des méchants du drama coréen. L'ensemble presque sitcom des habitants de la Geumga Plaza est l'autre grand plaisir de la série. Il rattrape sans cesse, par le rire, ce qui aurait pu n'être qu'un récit de vengeance pesant. Mais c'est là aussi que se situe la limite. Le ton change beaucoup trop souvent. Une scène d'exécution glaçante est immédiatement suivie de burlesque, puis d'une critique sociale au premier degré. Certains y verront le charme de la série ; moi, j'ai décroché plusieurs fois. Et le milieu du récit, particulièrement autour des épisodes 10 à 14, traîne clairement. En seize épisodes plutôt que vingt, l'ensemble aurait été bien plus tranchant. Ce qui me gêne davantage, c'est le message. La jubilation du « puisque la loi n'y peut rien, passons à la justice privée » se répète, dans la seconde moitié, sans le moindre recul. La mécanique du plus grand salaud qui punit les salauds est jouissive, mais la série ne répond jamais à la question de ce qu'il en reste. Le choix final m'a lui aussi paru un peu facile. D'où mes quatre étoiles. Pas cinq, pour les raisons ci-dessus ; mais quatre quand même, parce qu'elle a créé un personnage qui reste en mémoire longtemps après. Si vous cherchez une œuvre d'une grande rigueur d'écriture, je vous conseillerai autre chose ; mais si vous cherchez un protagoniste inoubliable, celle-ci, il faut la voir.